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Gratitude pour la gratitude

2013-01-25

Hola Senor ! Hola Senorita !  On le dit souvent ce « Hola «  au Mexique! À tous et à chacun, les serveurs, les jardiniers, les femmes de chambres! De nombreux  « Hola » souriants, teintés de chaleur et de bonheur ! Viva les vacances !
 
Croyez-moi que j’en ai profité de mes vacances…la madame à joué pas mal à la princesse durant cette semaine à me faire servir, à lire et à me reposer !
Notre hôtel était vraiment superbe, d’un chic fou, tout de marbre et d’une propreté exemplaire. La végétation était splendide, la bouffe était excellente et abondante sans parler de l’alcool à volonté …tout était à l’excès!


Les Mexicains et Mexicaines travaillant à l’hôtel étaient dévoués, souriants et d’une grande gentillesse!  Il était très enrichissant de parler avec eux, de les entendre nous expliquer leurs coutumes et leur façon de vivre. Témoins de deux polarités , celles de la richesse et de la pauvreté, nous nous sommes posés la question Vincent et moi à savoir comment ils pouvaient réagir au fait de travailler dans un environnement d’abondance toute la journée et de se retrouver dans le leur, beaucoup plus  modeste en fin de journée.  On pourrait bien croire qu’ils éprouvent une certaine envie ou un sentiment d’injustice face à cette différence, mais au contraire tous les Mexicains avec qui nous avons parlé étaient tellement reconnaissants envers leur employeur, leurs conditions et la vie en général qu’ils nous invitaient à savourer ce moment sans laisser place au sentiment de culpabilité face à leurs conditions !


Pour désamorcer le sentiment de culpabilité, quoi de mieux que la gratitude !  Je me suis mise à faire l’inventaire de ce que je possède matériellement et sentimentalement et j’ai réalisé que j‘étais pas mal riche et tellement privilégiée!


La gratitude agit souvent sur moi comme un baume pour mon cœur, une sorte d’antidote à mon sentiment d’injustice et de culpabilité envers ceux qui ont moins ou qui ont une vie plus difficile! Elle m’avait été d’un grand soutien en 2002, lors de la première chirurgie de Pier-Olivier. Nous avions passé 6 semaines aux soins intensifs de l’hôpital Ste-Justine durant lesquelles notre petit Jedi avait failli nous quitter à quelques reprises ! Le département des soins intensifs peut loger une vingtaine d’enfants à la fois. Nous avons donc vu entrer et sortir plusieurs enfants et cotoyé plusieurs parents.  Six semaines c’est long et nous avons eu le temps de tisser des liens avec certains  parents lors d’échanges dans ce fameux salon  réservé aux parents pour leurs moments de repos!


Le sentiment de culpabilité était venu me visiter lors d’un weekend bien particulier qui restera dans ma mémoire ! Trois petits enfants étaient arrivés à la fin de leur parcours de vie. Les familles agrandies avaient donc le droit de venir les voir afin de leur dire un dernier au revoir! Toutes ces familles circulaient dans notre salon des parents en pleurs. Vous pouvez vous imaginer comment l’atmosphère était lourde! Quant à notre petit Jedi, il prenait du mieux, on prévoyait même le sortir des soins intensifs dans les jours suivants et c’est justement ce qui faisait naître en moi un léger sentiment d’inconfort vis à vis des parents qui eux aussi sortiraient des soins… mais sans leur enfant.


À l’intérieur de moi il y avait un méli-mélo d’émotions. J’étais à la fois heureuse et à la fois triste. ! J’aurais bien aimé que nous sortions tous ! C’est comme si je ne me donnais pas le droit d’être totalement heureuse, par loyauté envers ces parents qui souffraient!


Comment ma joie pouvait-elle cohabiter avec la tristesse de ces gens ? J’imagine qu’elle pouvait le faire comme la richesse peut le faire avec la pauvreté, comme la maladie peut le faire avec la santé, comme on arrive à le faire avec toutes les polarités existantes en ce monde! Rien ne pouvait me faire rester un jour de plus aux soins intensifs malgré ma sympathie pour ceux qui y restaient !  Mon fils sortait des soins ayant encore sa maladie mais au moins il sortait lui…et en vie! J’ai alors rempli mon cœur d’amour pour ces parents et leurs petits anges et je remerciai la vie de donner cette nouvelle chance à mon fils ! J’ai à ce moment compris que pour moi, le meilleur moyen de prendre soin de mon sentiment de culpabilité et d’injustice face à la vie était de lui rendre grâce en vivant à fond ce temps qui nous est donné!


En ce monde, on peut toujours trouver mieux que soi et pire que soi! Mais lorsque je me compare au pire, j’arrive à voir des avantages et cela m’amène automatiquement dans un état de gratitude et fait diminuer les sentiments négatifs. Cette façon de penser est très salutaire pour moi quand la maladie de mon fils vient mettre de l’ombre sur ma lumière !


Honorer la vie et ce qu’elle nous donne est une vitamine efficace, un élan à la réalisation de nos rêves! Rendons hommage à ceux qui en ont moins ou qui vivent des moments difficiles en étant présents à ce qui est là pour nous et en vivant à fond la vie, la nôtre !


Avec gratitude et amour !
Marilyne , au cœur ensoleillé !


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